Delmore Brothers Au coeur de Dixie

IL ÉTAIT UNE FOIS, EN ALABAMA …

Branche coton Delmore Brothers
Champ de coton Delmore Brothers

(Cette photo est un montage. L'arrière-plan est un champ de coton dans le nord de l'Alabama)

Branche coton Delmore Brothers

Lettrine A Alton Delmoreill Alton Delmore naît le 25 décembre 1908 en Alabama, au "cœur de Dixie", à   Elkmont, petit village du comté de Limestone situé dans les "rocky red   clay", juste sous le Tennessee. À mi-chemin entre Nashville et Birmingham, la région est une importante productrice de coton. Rabon A. Delmore naît huit ans plus tard, le 3 décembre 1916, toujours à Elkmont. Ils sont les huitième et dixième enfants de Charlie Delmore, cultivateur locataire. La famille est très pauvre. Leur seule richesse est leur don musical. Alton doit commencer à travailler dans les champs de coton vers l’âge de cinq ans. Mais il apprend aussi à chanter et à lire la musique de tradition gospel en shape-note 1 par sa mère Mary (connue comme Aunt Molly) et son oncle vénéré Will Williams, auteur d’hymnes et professeur de musique sacrée. Il apprend aussi le violon par son frère Max et une de ses tantes. Les week-ends, la famille chante dans les écoles et les églises. Alton a neuf ans quand il écrit sa première chanson avec l’aide de sa mère ("Bound For the Shore" publié par Athens Music Co.).

Carte Alabama

Carte du nord de l’Alabama de 1931

Magasin général Elkmont

Le magasin général Lapington, entre Elkmont et Athens, à la fin des années vingt

Le train Pan-American de la compagnie de chemin de fer L & N (Louisville & Nashville) traverse le village. C’est une de leurs rares distractions. Alton dira : "Il soufflait sur la voie comme un dragon colossal, éructant la fumée et la vapeur, et gardant un rugissement régulier et rythmique qui était fascinant pour un petit garçon comme moi." C’est une évidence que pour Alton et Rabon, il focalisait leurs rêves d’évasion, échappatoires à tous leurs malheurs. C’est pour cela que les trains et les voyages reviendront sans cesse dans leur répertoire ("Pan American Boogie", "Blue Railroad Train", "The Cannon Ball", "Midnite Special", "Fast Express", "Midnight Train", "Freight Train Boogie", etc.)

Gare d'Elkmont

La voie ferrée magique. L’auteur à la gare d’Elkmont en 1976

Ad Pan-American L & N

Annonce de la Louisville & Nashville Railroad en 1926

Guitare tenor de Rabon Delmore

Guitare tenor

Suite à une maladie, Alton passe son mois de convalescence à écouter ses héros : Jimmie Rodgers, Nick Lucas, Riley Puckett, Eddie Lang et Carson Robison. Il prend un peu du style de guitare de chacun pour forger son propre style. Il travaille également le banjo et la mandoline 2. Les années passent. Rabon a neuf ans, il a déjà appris à jouer de la guitare et du violon quand son frère achète à Birmingham une guitare ténor à quatre cordes, accordée comme un banjo ténor. Alton lui apprend à en jouer et Rabon l’adopte. Ils seront les premiers à utiliser la petite guitare comme instrument principal. Ce qui innove par rapport aux orchestres à cordes de l’époque.

En 1926, les deux frères forment un duo et les amis et voisins les encouragent à se produire dans les fiddllers’ contest3. Alton généralement est le leader et tient la guitare d’accompagnement, tandis que son frère chante les harmonies et joue les solos sur sa guitare ténor. Contrairement aux autres duos de l’époque qui chantent en open harmonies, les frères innovent en chantant en close harmonies 4. Leur première apparition sera au Clements High School dans le West Limestone County. Ils mêlent gospel, hillbilly, ragtime et blues, lequel blues n’est pas le feeling exclusif des artistes noirs. Il fait aussi souvent parti de l’expression musicale des blancs du Sud les plus démunis. Alton est d’humeur changeante, sujet à de profondes dépressions, mais toujours d’un contact agréable. Il collectionne les vieux livres et aime lire. Rabon est une bonne nature mais timide. Il aime pêcher et chasser. Tout les deux sont très polis, ont des bonnes manières, sont humbles et modestes, très honnêtes et religieux.

Grand Ole Opry

Show du Grand Ole Opry, milieu des années trente

1931 est une grande année : Alton se marie avec Thelma Neely, avec qui il aura cinq enfants 5. Mais surtout, les Delmores remportent un fiddlers’ contest à l’Athens Agricultural High School en chantant "Brown's Ferry Blues". Alton y obtiendra également le prix du meilleur guitariste. Cette performance les aide à obtenir un contrat avec les disques Columbia. Leur carrière est lancée. Ils enregistrent "Got the Kansas City Blues" et "Alabama Lullaby" qui devient leur chanson thème.

Label disques Columbia
Harry Stone, manager du Grand Ole Opry

Harry Stone

Malheureusement, le disque remporte peu de succès. 511 exemplaires seulement seront vendus, sans doute à cause de l’arrêt momentané des activités chez Columbia dû à la Grande Dépression des années trente. Les frères se retrouvent sans maison de disque, mais en 1933, ils rejoignent le spectacle dont ils rêvaient depuis longtemps, celui du Grand Ole Opry 6, en étant engagés par le manager de l'Opry, Harry Stone.

Ely Oberstein, découvreur de talents chez RCA Victor

Ely Oberstein

À cette époque leur musique était douce, bluesy et intime, leurs chants mis en valeur par une diction claire et un synchronisme magique. Cela avec les plus ciselées et délicates harmonies jamais entendues dans le sud des Appalaches. Le tout combiné avec un jeu de guitare éblouissant et complexe, même pour notre époque. Alton s‘accompagne avec sa guitare Martin, mais n’hésite pas à intercaler des solos remarquables. Les notes de leurs deux guitares jouées en flat-picking 7 s‘entremêlent, se séparent et se retrouvent.

Bientôt, ils sont engagés par le découvreur de talents (A & R man) de RCA Victor, Eli Oberstein. En décembre 1933 ils mettent en boite 17 titres qui seront publiés sur le label économique de RCA Victor : Bluebird, le célèbre label à l’oiseau bleu. Alton est devenu un prodigieux auteur de chansons. Déjà, de ces enregistrements, plusieurs compositions deviendront des standards de la musique country : "Blue Railroad Train" écrit pour Jimmie Rodgers, "Brown‘s Ferry Blues ", "Gonna Lay Down My Old Guitar", et "Big River Blues" devenu "Deep River Blues" par Doc Watson.

Label disques Bluebird

1935: ils tournent et enregistrent avec Uncle Dave Macon et avec lui gravent le hit "Over the Mountain". Ils font de même avec Fiddlin’ Arthur Smith et en tant qu’Arthur Smith Trio, ils enregistrent les futurs classiques "There‘s More Pretty Girls Than One" et "Beautiful Brown Eyes", tous les deux composés par Arthur et Alton 8. Ce dernier sera spolié de ses droits d’auteur concernant "Beautiful Brown Eyes" en 1951 car il n’avait pas les moyens de se payer une procédure. Les Delmores étaient innocents, trop gentils, trop pures, trop ignorants pour les requins du métier, et ils seront toujours exploités, même plus tard chez King, qu’ils auront pourtant contribué à fonder. Et malgré cela, en 1936-1937, ils sont le show le plus populaire du Grand Ole Opry. Leurs hits défilent : "Southern Moon", "The Girls Don’t Worry My Mind", "Weary Lonesome Blues", "False Hearted Girl"…

Ad Wapi Radio

Annonce de Radio WAPI du 9 août 1941

Très solidaires de leurs collègues musiciens, ils leur apporteront de l'aide à maintes occasions. En 1938 ils concourent à l’engagement de Roy Acuff a l’Opry. Mais, toujours méprisés et exploités par la direction du Grand Ole Opry, George D. Hay le Solemn Old Judge en tête, ils finissent par quitter l’Opry en septembre. Alors, ils forment un petit orchestre, les Tennessee Barn Dance Boys, avec Smiley O’Brien à la guitare, Chuck Mandlin au fiddle et Joe Zinkan à la contrebasse. Mais ils ont du mal à trouver des shows à la radio. Ils sont souvent victimes de la discrimination envers les "péquenots des montagnes" (hillbillies). De 1938 à 1940 ils multiplient les déplacements sur la côte Est, de station de radio en station de radio. Puis ils acceptent un travail à la radio WAPI de Birmingham où ils font leur propre programme. Malheureusement ils ne trouvent plus le succès qu’ils ont connu dans les années trente.

Annonce Delmore Brothers

Annonce du journal "The Farmer's Advocate" du jeudi 11 mai 1939

Amis des Delmore Brothers : Merle Travis et Grandpa Jones

Grandpa Jones et Merle Travis, Cincinnati, 1942. Malheureusement, il n'éxiste pas de photo connue de Grandpa Jones ou de Merle Travis avec les Delmore Brothers

Alton et Rabon font leur dernière séance pour RCA Victor en février 1940, et le 11 septembre commence à enregistrer pour Decca. De cette nouvelle session sortira "When It’s Time for the Wippoorwill to Sing" qui deviendra un standard.

Label disques Decca

L’année 1942 les verra se rendre à Cincinnati rejoindre le Boone County Jamboree à la station WLW où ils agrémentent leur show de comédie, de sacred songs et de morceaux instrumentaux. Rabon y joue même des standards de jazz et Alton des hoedowns 9 classiques sur son fiddle 10. C’est là qu’ils rencontrent Merle Travis et Grandpa Jones, avec qui ils vont fonder en 1943, celui qui va devenir le plus fameux country sacred quartet de la décennie : les Brown’s Ferry Four. Pour des raisons de contrats, les noms des membres ne seront pas divulgués. Ils resteront inconnus pendant trente ans !

Cette même année, les Delmores aident à démarrer King Records. Ils seront floués par Sydney Nathan qui leur avait promis 10% de la firme par contrat oral. Leurs premiers enregistrements sont dans le même style que chez RCA. Mais vers janvier 1946 : séance historique au studio du Cincy's 11 Wurlitzer Music Store. À l’avant-garde musicale dans le genre country, ils enregistrent "Hillbilly Boogie" (composé par Rabon), un mélange de hillbilly et de boogie woogie qui donnera son nom à ce style de musique. Première chanson du genre, elle annoncera nettement le rockabilly, huit ans avant Elvis Presley. Pendant la même séance, les Brown’s Ferry Four, avec Red Foley remplaçant Merle Travis 12 alors en Californie, gravent leur premier 78 tour.

Label disques King

Vers septembre, nouvelle séance phare où les Delmores ajoutent à leur orchestre : contrebasse, guitare électrique et surtout le brillant harmoniciste Wayne Raney qui joue un style choke très influencé par le blues. Ils enregistrent 17 titres, dont le hit "Freight Train boogie". Alton n’hésite pas à intercaler des solos de boogie sur sa Martin qui sont une perfection du genre. Leur musique excitante décoiffe plus qu’aucune autre à l’époque ! Les boogies se suivent dans une atmosphère d’irrépressible joie de vivre. Ils étaient les maîtres du Hillbilly Blues, ils deviennent (et resteront) les rois incontestés du Hillbilly Boogie.

Henry Glover, producteur chez King Records

Henry Glover

1949 : ils gravent "Blues Stay Away From Me", une des premières collaborations entre musiciens country et bluesmen. Henry Glover, producteur noir de chez King, a suggéré le riff de "Boarding House Blues" qu’il avait composé pour Lucky Millinder et aux dires de Wayne Raney, qui s’en souvenait parfaitement, la chanson a été écrite la nuit précédant l’enregistrement, principalement par Rabon. Le riff par lui-même a été retravaillé par le guitariste Zeke Turner lors de l’enregistrement. Numéro un dans les charts 13 country, ce sera leur plus grand succès, cité par certains historiens comme le 1er rock and roll et repris par les rockers Gene Vincent, Johnny Burnette et quantité d’autres artistes.

Danseurs Hillbilly Booogie
Ami des Delmore Brothers : Wayne Raney

Wayne Raney, fin années quarante

Blues Stay Away from Me

Billboard 14 janvier 1950

Beautiful Brown Eyes

Billboard 10 février 1951

Beautiful Brown Eyes

Billboard 10 février 1951

Malgré cela, en 1950, leur succès commence à baisser. Ils abusent parfois de l’alcool, mais jamais pendant leur travail. À San Antonio, Alton subit une attaque cardiaque. En 1951, Rosemary Clooney, Jimmy Wakely et d’autres chanteurs ont découvert "Beautiful Brown Eyes". Ils en font un succès national. C’est alors qu’Alton est contesté en tant qu’auteur. Manquant d’argent pour engager une procédure légale, il est obligé de liquider ses droits pour une somme modeste. Lors du Thanksgiving Day 14, entendant "Beautiful Brown Eyes" à la radio par un autre interprète, il dira : "J'ai la chanson numéro huit de la nation, et je ne peux pas offrir à ma famille un dîner de Thanksgiving."

Puis c’est le décès de son père et quelques mois plus tard celui de sa fille Suzan à l’âge de 3 ans. Alton est très affecté. De plus, le mariage de Rabon bat de l’aile, et pour un temps, les frères se séparent. Rabon part à Détroit et Alton reste avec sa famille à Houston.

Poster Alton Delmore au Roxy Theatre,15 novembre 1952

Affiche show Alton, 15 novembre 1952

Début 1952 : un cancer de la gorge se déclare chez Rabon. Les deux frères se retrouvent et ne se quittent plus. Ils font leur première apparition télévisuelle sur KPRC. Mais ils donnent aussi leur dernier concert au Roosevelt Lounge de Détroit. Le 29 août, ils font leurs derniers enregistrements : "The Trail of Time", "I Needed You", "That Old Train" et le rocker "Whatcha Gonna Gimme" toujours sur King et avec Wayne Raney.

Le 4 décembre 1952 voit le décès de Rabon. Le plus avant-gardiste des frères meurt à l'aube du rock ‘n’ roll. Alton réalise que les Delmore Brothers étaient musicalement inséparables. Désillusionné et amer, il fait encore quelques shows et quelques disques, mais le cœur n’y est plus.

Alors, pour nourrir sa famille, il fait des petits travaux et donne des cours de guitare à Huntsville en Alabama. Il emploie son énergie créative en écrivant des nouvelles sur le Sud, mais surtout en entreprenant son autobiographie "Truth Is Stranger Than Publicity" (La Vérité est plus étrange que la Publicité). Remarquable chronique du monde de la chanson country, elle décrit avec un luxe de détails incroyable et une écriture pittoresque et colorée, sa vie et la scène musicale des années 1930 à 1945. Malheureusement elle restera incomplète, car le 8 juin 1964, Alton décède à Athens d’une défaillance cardiaque causée par des troubles hépatiques.

Barre de séparation avec fleurs

Lettrine A Alton Delmorelton et Rabon n’ont jamais été des modèles de réussite sociale, mais ils ont des titres de gloire bien plus importants. Ils ont enregistré près de 400 chansons   sur plus de deux décennies. Auteur habile et prolifique, Alton a composé plus de 1000 chansons. Son frère plus de 200. Durant leur longue carrière, ils ont   été employés dans une quarantaine de stations de radio et ont donné des concerts dans une cinquantaine d’états. Tout le contraire de vedettes fabriquées, ils ne devaient leur succès qu’à leurs fans, et n’ont pratiquement jamais eu de publicité. Émanation musicale naturelle du cœur de Dixie, avec leur style à la fois extrêmement proche de la terre et très sophistiqué, ils ont produit le son le plus authentique de l’Amérique.

Dans leurs chansons, les Delmores ont alterné aussi bien l’imagerie sentimentale du Sud du 19e siècle que des idées musicales en avance sur leur temps. Ils ont été les principaux contributeurs à la transition entre l’old-time hillbilly et la country moderne. Également, ils ont une énorme influence sur la musique bluegrass et même sur le blues. En tant que Brown’s Ferry Four, ils ont été le quatuor de gospel le plus populaire de leur époque. En plus, ils ont anticipé le rockabilly et le rock and roll avec, entre autres, "Hillbilly Boogie", "Freight Train Boogie", "Beale Street Boogie", "Blues Stay Away from Me" et "Pan American Boogie".

Des 148 titres dont on connait le nombre de prises (Columbia, Bluebird, Decca), 27 seulement ont eu besoin de 2 prises. Soit 82% des enregistrements n’ont demandé qu’une prise. Ce résultat impressionnant montre à quel point les Delmores étaient déjà de très grands professionnels dans la première partie de leur carrière. Dans la deuxième partie, ils ont été accompagnés par le dessus du panier des musiciens avec Zeke Turner, Homer Haynes et Jethro Burns ainsi que Roy Lahnam et bien sûr Wayne Raney.

Leur style musical était le plus recherché, le plus créatif et le plus techniquement compétent de tous les duos de chanteurs. D’une apparente simplicité, c’était le résultat d’un travail acharné, recherché et perfectionné. Ils ont directement influencé des quantités d’artistes tels les Louvin Brothers, Jim et Jesse, les Osborne Brothers, les Monroe Brothers ou les Everly Brothers, lesquels ont influencé à leur tour les Beatles, les Beach Boys ou Simon & Garfunkel. Ils ont été chantés par des centaines d’artistes tels Doc Watson, Flatt & Scruggs, Lonnie Johnson, Merle Travis, Marty Stuart, Woody Guthrie, Willie Nelson, B.B. King, Bob Dylan, Wanda Jackson, Tony Rice ou Tennessee Ernie Ford.

Mais, plus que tous ces mérites exceptionnels, ce qui importe le plus, c’est, lorsque vous les écoutez, malgré tout le temps qui s’est passé et toutes les étapes mécaniques-électriques-électroniques de la reproduction du son, vous avez le sentiment euphorisant d’entendre des amis qui chantent pour vous.
Pour cela, on ne les remerciera jamais assez.


L’ultime désir d’Alton était de réaliser une œuvre qui vaille la peine de rester. Nul doute que les frères Delmore resteront adulés pour toujours.

Toute addition ou correction bienvenue. Votre nom cité

Barre de séparation avec fleurs

RÉFÉRENCES POUR LA


BIOGRAPHIE

Bibliographie:
- Sweet Sentimental Songs, livret de chant, publié à compte d'auteur, 1936
- Songs We Sing, livret de chant, vers 1938
- Native American Melodies N° 1, livret de chant, American Music, Portland, Oregon, 1940
- Native American Melodies N° 2, livret de chant, American Music, Portland, Oregon, 1942
- We Owe Our Success to Our Friends, Country Song Roundup, Vol. 1, N° 7, 1950
- Delmore Brothers Song Folio, Lois Music Publishing, Cincinnati, Ohio, 1951
- Mike Leadbitter, Delmore Brothers & Wayne Raney on King, Old Time Music, N° 10, 1973
- Charles K. Wolfe, The Delmore Brothers, The Grand Ole Opry, p. 119, 1975
- Bob Dunnavant, Alton and Rabon … The Delmore Brothers !, Country Music World, 1975
- Charles K. Wolfe, The Delmore Brothers: a Pre-War Discography, Journal of Country Music, Vol. 6, N° 1, 1975
- Charles K. Wolfe, In Their Own Words, Pickin’, Septembre 1975
- Alton Delmore/Charles K. Wolfe, Truth Is Stranger Than Publicity, Country Music Foundation Press, 1977
- Louis M. «Grandpa» Jones/Charles K. Wolfe, Everybody’s Grandpa, University of Tennessee Press, 1984
- Jerry Bonicoli, Delmore Brothers Part. 1 (en français), Get Rhythm, N° 4, 1985
- Jerry Bonicoli, Delmore Brothers Part. 2 (en français), Get Rhythm, N° 5, 1985
- Jerry Bonicoli/Alain Nicolas, Delmore Brothers Part. 3 (en français), Get Rhythm, N° 6, 1986
- Al Turner, Hank Dalton & Lonesome Willie Evans, Roll Street Journal, N° 17; 1986
- Charles K. Wolfe, The Delmore Brothers on the Opry (article Grand Ole Opry augmenté), Bluegrass Unlimited, Vol. 24, N° 4, 1989
- Wayne Raney, Life Has not Been a Bed of Roses, L & W Publishing Company, 1990
- Bob Dunnavant, The Delmore Brothers Early Stars of country Music, Super Country, Vol. 6, N° 1, 1990
- John Atkins, The Delmore Brothers, Country Music People, Jan. 1991
- Charles K. Wolfe, The Delmore Brothers (article Grand Ole Opry réécrit), The Journal, Vol. 1 N° 5, 1991
- Serge Loupien/Gérard Herzhaft, Country - Les Incontournables (en français), p. 56, Filipacchi, 1995
- John Lilly, The Delmore Brothers - A History, The Old-Time Herald, Vol. 3, N° 5, 1992
- Barry McCloud/Charles Wolfe, Definitive Country - The Ultimate Encyclopedia of Country Music and Its Performers, p. 224, Peregee, 1995
- Charles K. Wolfe, When It’s Time for the Whippoorwill to Sing (article Grand Ole Opry augmenté), A Good-Natured Riot, p.211, 1999
- Richard Lieberson/Zeke Turner, Zeke Turner’s Honky- Tonk Boogie, The Journal of Country Music, Vol. 21 N° 2, 1999
- Gérard Herzhaft, Guide de la country music et du folk (en français), p. 152, Fayard, 1999
- Spencer Leigh/Debby Delmore, The Delmore Brothers - Voice of their Own, Country Music People, Dec. 2006
- Jon Hartley Fox, King of the Queen City, University of Illinois Press, 2009
- Randy McNutt, King Records of Cincinnati, Arcadia Publishing, 2009
- Kelly Kazek, Athens and Limestone County, Arcadia Publishing, 2010

Sites web:
- A Daughter's Tribute, site de Debby Delmore, http://www.delmorebrothers.net/
- Alabama Music Hall of Fame, texte d'admission 1989, http://www.alamhof.org/delmorebrothers.html
- Biographies, Bluegrass Messengers, http://www.bluegrassmessengers.com/delmore-brothers-.aspx
- Ritchie Unterberger, Rockabilly Hall of Fame, http://www.rockabillyhall.com/DelmoreBrothers1.html
- The Country Music Hall of Fame and Museum, texte d'admission 2001, http://countrymusichalloffame.org/full-list-of-inductees/view/delmore-brothers
- Nashville Songwriter of Fame, texte d'admission 1971, http://www.nashvillesongwritersfoundation.com/d-g/alton-delmore.aspx
- Delmore Family, Genealogy Forum, Genealogy.com, http://www.jenforum.net/delmore/messages/19.html
- Daniel Mullins, The Delmore Brothers: Gone But All-Too-Often Forgotten, Bluegrass Today, http://bluegrasstoday.com/35285/the-delmore-brothers-gone-but-all-but-too-often-forgotten/
- The Billboard, publications digitales, https://books.google.us/books/about/Billboard.html?id=GgwEAAAAMBAJ&hl=us

Disques:
- Bill Harrison, Brown’s Ferry Blues, 33 tours County 402, 1971
- Charles K. Wolfe, Weary Lonesome Blues, (extraits article Grand Ole Opry), 33 tours Old Homestead OHCS-153, 1983
- Charles K. Wolfe, Singing My Troubles Away, 33 tours Old Homestead OHCS-154, 1984
- Charles K. Wolfe, When They Let the Hammer Down, 33 tours Bear Family BFX 15167, 1984
- Charles K. Wolfe, Sand Mountain Blues, 33 tours County CCS-110, 1986
- Adam Komorowski, Wayne Raney, Real Hot Boogie,33 tours Charly CR-30247, 1986
- Adam Komorowski, Wayne Raney, More Hot Boogie,33 tours Charly CR-30263, 1987
- Tony Russell, Freight Train Boogie, CD Ace CH-455, 1993
- Dave Sax, Wayne Raney, That Real Hot Boogie Boy, CD Ace CHD-857, 2002
- Gérard Herzhaft, Blues Stay Away from Me, 1931-1951, (en français), CD Frémeaux & Associés FA 5057, 2003
- Pat Harrison, 1933 - 1941, 4 CDs JSP- 7727, 2004
- Tony Rounce, Fifty Miles to Travel, CD Ace CHD-1074, 2005
- Tony Rounce, Grandpa Jones, Steppin’ Out Kind, CD Ace CHD-1098, 2006
- Pat Harrison, Volume 2, 4 CDs JSP- 7765, 2007
- Pat Harrison, More from the 1930s, 1940s & 1950s, 4 CDs JSP- 7784, 2008
- Al Turner, Blues Stay Away From Me, CD Jasmine JASM-3588, 2008

1. Les «shape-notes» (notes de forme) sont une façon ancienne d’écrire la musique pour faciliter le chant.

Portée musicale Logo L & N Delmore Brothers' loco

2. Il est à noter que la région du sud des Appalaches a enfanté quantité de virtuoses gratteurs de cordes (Merle Travis, Hank Garland, Chet Atkins, Arthur «Guitar Boogie» Smith, Grady Martin, Jerry Reed, Doc Watson, Earl Scruggs, Bill Monroe …)

3. Les fiddllers’ contest sont les concours musicaux du Sud.

4. Chanter en close harmonies signifie chanter ou jouer les notes des harmonies dans la marge la plus étroite par rapport aux notes de base.
Alors que l’open harmonie emploie une marge plus large en augmentant la gamme harmonique à l'octave et plus.

5. Billie Anne, Norma Gail, Lionel, Susan et Deborah.

6. Le Grand Ole Opry était le plus grand show de musique hillbilly des années vingt à la fin des années quarante. Puis le nom hillbilly se changea en country and western et plus tard musique country.

7. Joué avec un plectre (médiator).

Oiseau bleu RCA

8. À noter que de nos jours on voit couramment Arthur «Guitar Boogie» Smith ou Arthur Q. Smith ainsi que Jerry Capehart dans les compositeurs de "Beautiful Brown Eyes". Pour les premiers, ce ne sont évidemment pas ces Arthurs là ! Quand à Jerry Capehart, son nom figure car il avait racheté les droits de "Beautiful Brown Eyes" en 1951.

Orchestre Delmore Brothers Portée musicale

9. Instrumentalement parlant, un hoedown est un morceau rapide en deux temps pour danser le square dance.

Quatuor

10. Le fiddle est un violon en contexte de musique traditionnelle. Tandis que violin est utilisé en musique classique. À noter que les notations sur les disques Bluebird indiquent «violin»!

11. Diminutif de Cincinnati.

12. Dans ma brochure «From Hillbilly Blues to Hillbilly Boogie» parue en 2000, j’écrivais : "C’est Red Foley et non Merle Travis chantant la voix de basse sur les deux premières sessions des Brown’s Ferry Four. Ceci est évident pour les personnes ayant une bonne oreille et qui sont familier avec leur voix."
Depuis, Tony Rounce of Ace Records, qui a eu les acétates King en mains en 2005, m’a fait savoir que pour les matrices K-1971 à K-1982, les pochettes des acétates indiquent qu’elles ont été enregistrées à Cincinnati. Alors que, de par les écrits de l’historien Charles Wolfe, l’on croyait que c’était à Hollywood, où Merle résidait. D’ailleurs, pas plus que l’on entend la voix de ce dernier, pas plus l’on entend sa guitare dans une de ces sessions !
Si il ne fait aucun doute que c’est Merle Travis qui a fondé les Brown’s Ferry Four avec les Delmores et Grandpa Jones, il n’en fait plus aucun, maintenant, que c’est Red Foley qui est présent lors des deux premières sessions.

13. Charts : hit-parades.

14. Fête célébrée le quatrième jeudi de novembre aux États-Unis.